Sur l’objectif de booster la formation des demandeurs d’emploi martelé par François Hollande, Pascale Gérard a notamment expliqué que les régions détenaient une solution rapide. Le plan d’urgence visant à former 100 000 demandeurs d’emploi pourrait selon elle commencer très rapidement : dès septembre.
Les régions n’auraient qu’à, en effet, « faire des avenants à leurs marchés publics structurants de formation », ce qui permettrait instantanément de créer des places supplémentaires, et ce « après avoir évidemment consulté les opérateurs de formation sur les places disponibles ».
Pour l’élue socialiste, lancer un appel d’offres national et non régional serait bien sûr « contradictoire » en cette période de réforme décentralisatrice.
Avenants – L’ARF souhaiterait en outre affiner ce plan d’urgence en prenant en compte les besoins des branches et des territoires, ainsi que « la gestion des files d’attente » (pour ne pas surcharger des formations dont les bénéficiaires ne trouvent déjà pas d’emploi).
Enfin, Pascale Gérard a indiqué qu’à l’issue de la conférence sociale, une lettre de cadrage serait envoyée aux partenaires sociaux en vue de la négociation d’un accord national interprofessionnel (ANI) formation.
Les concertations vont donc se multiplier encore dans les semaines et mois à venir, car au programme figurent aussi :
- les réunions du groupe quadripartite sur le compte personnel de formation (qui devrait être pérennisé et « pourrait demain être consulté sur l’orientation voire l’apprentissage »),
- la préparation de l’examen du deuxième projet de loi de décentralisation (de mobilisation des régions pour la croissance et l’emploi et de promotion de l’égalité des territoires)
- ainsi que celle du projet de loi « formation » attendu pour la fin de l’année.
Ile-de-France : un « chèque unique » région-Pôle Emploi pour valider son expérience
Simplifier et raccourcir les procédures de validation des acquis de l’expérience (VAE) des demandeurs d’emploi : c’est le but d’un formulaire commun de financement de la région Ile-de-France et de Pôle emploi qui va entrer en vigueur le 1er juillet. Ce dispositif de « chèque unique » pour percevoir les aides régionales et de Pôle emploi en une seule et même demande fait l’objet d’une convention entre les deux institutions, qui sera soumise au vote en séance plénière du conseil régional jeudi 20 juin.
« Il existe un labyrinthe de la formation professionnelle et de l’information sur ce sujet : il s’agissait de simplifier la démarche », a déclaré à l’AFP Emmanuel Maurel, vice-président (PS) en charge de la formation professionnelle et de l’emploi au conseil régional. Désormais 150 antennes de Pôle Emploi dans la région ont au moins un conseiller formé sur la VAE. Un demandeur d’emploi aura un seul formulaire à remplir sur lequel apparaîtra clairement la répartition des financements.
« Ce n’est pas une solution miracle, mais on essaie au moins d’aider les chômeurs sur ce point », a souligné M. Maurel, qui estime que « cela va faire gagner 15 jours dans la constitution du dossier de financement ». « Il faut en vouloir pour s’engager dans une VAE mais au bout du parcours, c’est une vraie chance supplémentaire de trouver un emploi », a-t-il dit.
En 2012, sur 577 235 demandeurs d’emploi inscrits à la fin décembre (catégorie A – n’ayant pas eu d’emploi dans le mois –), seuls 1 671 (soit 0,28 %) avaient bénéficié d’un chéquier VAE de la région. « C’est peu, il y a un problème d’information, très peu de gens connaissent la VAE et peu de conseillers de Pôle emploi connaissaient le dispositif, c’est cela qui va changer », ajouté M. Maurel.
Références




